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La prière, partie 4

Dieu est grand
La grandeur de Dieu se manifeste aussi dans certaines expériences religieuses.
TOUT existe par Dieu . L’hymne à la création en est un exemple concret. C’est par sa Parole que tout fut créé. Personne n’aide Dieu dans son œuvre, ni la matière, ni le plan ne lui sont donnés. Cette grandeur divine est libre. Elle est sans effort . Dieu dit : Que cela soit et cela est. La véritable grandeur de Dieu se trouve dans la doctrine de la Divine Providence. Notre être et nos forces sont limitées. Dieu lui peut tout. Il peut créer et de la manière la plus parfaite et nous le donner. Il faut rajouter qu’un être est d’autant plus grand que sa nature et ses sentiments sont nobles. Dieu n’est pas seulement toute réalité, il est aussi toute bonté. Justice, pureté, ordre sont des manières de parler de Lui. Dieu est lumière et il n’y a pas de ténèbres en Lui. Cette grandeur est toute chaleur et tendresse, tout amour. Dieu est grandeur parfaite.

L’adoration
Devant cette grandeur, l’homme ne peut que s’incliner. Pas seulement parce qu’il est conscient de sa petitesse mais il s’incline dans la prière, pieusement. Et cela d’une manière totale et définitive, en tant que créature devant son créateur. C’est l’adoration. L’adoration est l’expérience vivante du fait que Dieu est grand et que l’homme est petit, que Dieu subsiste par Lui et en Lui-même tandis que l’homme n’existe que par Dieu. L’adoration c’est dire : Vous êtes Dieu, je suis homme. Vous êtes le maître de vous-même et vous vous suffisez à vous-même dans la béatitude. Au contraire le sens de mon existence vient de vous, je vis de Votre lumière et sens en Vous les dimensions de mon existence.
Il faut noter une chose, dans l’adoration, l’homme qui prie ne se courbe pas seulement devant Dieu parce que celui-ci est plus grand que l’homme (ce serait uniquement de la soumission). Il le fait parce que c’est une chose vraie et véritable en elle-même. Si on ne s’inclinait que par force, ce ne serait pas digne de Dieu ni de nous. L’adoration, c’est dire : Je m’incline parce que Vous en êtes digne. Je reconnais que Vous êtes réalité et vérité, puissance et bonté, force et valeur infinie. Vous êtes celui qui donne sens à toute chose.
L’adoration n’est pas seulement de la plus haute importance dans la vie religieuse de l’homme mais elle est de la plus haute importance dans la vie spirituelle.
Il faut pratiquer l’adoration. Nous confondons souvent prière et demande. Mais comme le dit le Seigneur dans le sermon sur la montagne : Votre Père sait ce dont vous avez besoin avant que vous ne l’ayez demandé. Nous oublions trop souvent que l’adoration est toute aussi importante peut être même plus importante que la demande. Il nous faut donc la pratiquer, nous recueillir, nous mettre en présence de la grandeur de Dieu et devant cette grandeur, nous incliner avec respect et dans la liberté de notre cœur.


La louange
La grandeur de Dieu trouve avant tout son expression dans les noms de Créateur et de Seigneur. Il est l’incréé qui a tout créé. Celui qui n’a pas de commencement et qui tient son existence de Lui-même. Il est l’infini, l’immortel, l’éternel. La grandeur de Dieu suscite encore un autre mouvement de la prière lorsque la beauté apparaît dans sa grandeur. Cette grandeur n’a pas seulement le caractère de la majesté mais aussi celui de la splendeur qui est le signe du rayonnement de la vie divine. Devant cette splendeur, le sérieux de l’adoration se change en joie de louange. A chaque page de la Bible, nous trouvons des mots qui chantent la louange de Dieu, des cantiques, des hymnes. On parle de la sainteté de Dieu, de sa grandeur,
de sa puissance, de sa sagesse, de son éternité, de sa justice, de sa bonté, de sa patience. On fait ainsi entendre à Dieu combien il compte pour nous, combien on est sûrs de pouvoir compter sur Lui, combien nous sommes sûrs de son amitié. La prière de louange apparaît partout dans la révélation. Beaucoup de psaumes sont inspirés de cette expérience profonde de la splendeur de Dieu et célèbrent l’une après l’autre ses vertus éternelles et ses œuvres. La louange de Dieu jaillit de partout chez les prophètes. De même, dans les Evangiles, nous trouvons les chants de louange de Marie et de Zacharie. Chez Saint François d’Assise, on trouve le cantique des créatures. Elles sont invitées à louer Dieu.

Très haut tout-puissant, bon Seigneur,
à toi sont les louanges, la gloire et l’honneur, et toute bénédiction.
À toi seul, Très-haut, ils conviennent
Et nul homme n’est digne de te mentionner.
Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement, monsieur frère Soleil,
lequel est le jour, et par lui tu nous illumines.
et il est beau et rayonnant avec grande splendeur,
de toi, Très-Haut, il porte la signification.
Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur Lune et les étoiles,
dans le ciel tu les as formées, claires, précieuses et belles.
Loué sois-tu, mon Seigneur, par frère Vent,
et par l’air et le nuage et le ciel serein et tout temps,
par lesquels à tes créatures tu donnes soutien.
Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur Eau,
laquelle est très utile et humble, et précieuse et chaste.
Loué sois-tu, mon Seigneur, par frère feu
par lequel tu illumines dans la nuit,
et il est beau et joyeux et robuste et fort.
Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur notre mère Terre,
laquelle nous soutient et nous gouverne,
et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe.
Loué sois-tu, mon Seigneur,
par ceux qui pardonnent pour ton amour
et supportent maladies et tribulations.
Heureux ceux qui les supporteront en paix,
car par toi, Très-Haut, ils seront couronnés.
Loué sois-tu, mon Seigneur, par sœur notre mort corporelle,
à laquelle nul homme vivant ne peut échapper.
Malheur à ceux qui mourront dans les péchés mortels.
heureux ceux qu’elle trouvera dans tes très saintes volontés,
car la seconde mort ne leur fera pas mal.
Louez et bénissez mon Seigneur,
et rendez-lui grâce et servez-le avec grande humilité.



Il n’est pas question de prêter au soleil, à la mer, aux arbres, une voix pour louer Dieu. Mais ils sont dans leur être un miroir où se reflète la splendeur de Dieu, parce qu’Il les a créés et qu’Il a mis sur eux un reflet de sa nature.
La prière de louange est d’autant plus pure qu’elle jaillit d’une expérience plus profonde de la gloire de Dieu, d’une joie plus authentique. Louer Dieu consiste à s’élever jusqu’au niveau où existe ce dont l’homme vit en réalité. Toute la journée est transformée si dès le matin, on dit par exemple le psaume 148.
Certes, nous devons demander et porter devant Dieu les besoins de notre vie pleine de misères mais peut-être serions-nous encore mieux fortifiés si nous consentions à ne plus porter nos regards sur nous-mêmes mais sur Dieu. Nos intérêts n’y perdraient rien car le Père qui est dans le ciel sait ce dont nous avons besoin avant même que nous ne lui ayons demandé.


La prière, partie 3

Le plus souvent, la prière doit être soutenue par la volonté et l’exercice. La grande difficulté rencontrée est dans le fait que la réalité de Dieu n’est pas toujours ressentie. Celui qui prie se sent alors dans le vide. Aussi est-il important de persévérer. La persévérance aux heures de vide a un sens tout particulier qu’aucune autre prière spontanée faite plus tard ne peut atteindre. Car la persévérance montre que l’on prend la foi au sérieux. C’est s’appliquer à la prière uniquement et entièrement pour Dieu. Le vide que l’on peut à priori ressentir est plein d’une présence légère que l’on trouve quand on prie. Car Dieu est toujours présent. Simplement, nous sommes sur cette terre, dans l’obscurité et c’est cela qu’il est parfois dur de percer.

Dieu est Saint
Parmi toutes les vérités que contient la révélation, la première d’entre elle est que Dieu est Saint. C’est le caractère fondamental de Dieu, son essence. La Sainteté de Dieu est le caractère premier et essentiel qui le fait être Lui-même, différent de tout ce dont nous pouvons avoir l’expérience, signe distinctif auquel Il peut être reconnu. Les objets religieux peuvent nous mener à pressentir cela. Si on prend l’exemple d’une église, on peut voir certes qu’elle est belle, mais quand on entre dedans, on a le sentiment de l’ « autre » chose, de ce qui fait qu’on se tait et qu’on se met à genoux et qu’on laisse dehors tout ce qui nous reliait à la terre. Ce sont là des indications sur la sainteté de Dieu, sur ce caractère qui lui appartient à Lui seul, qui est irremplaçable et si précieux, et duquel dépend ce qui est le plus important pour nous : le salut. La sainteté signifie que Dieu est pur, d’une pureté toute puissante, ardente, qui ne souffre de pas la moindre tâche. Elle signifie qu'Il est bon, non seulement parce qu’Il obéit aux exigences du bien, mais parce qu’Il est le Bien, et dans ce sens, personne n’est si bon que Dieu seul. Dieu est la mesure à laquelle tout doit être référé. Dès que l’homme approche de Dieu, il entre en contact avec la sainteté. Il prend conscience que lui-même n’est pas saint, qu’il est du monde, de la terre, qu’il est souillé et coupable. Il ressent alors deux sentiments ambivalents. Le premier lui fait ressentir le besoin de s’éloigner de Lui car il se sent pécheur. En même temps, il ressent qu’il a besoin de Lui, ce Dieu saint et que c’est une question de vie ou de mort. De ces deux mouvements naissent des formes différentes de prière. C’est en définitive sur eux que repose toute prière car c’est la réponse de l’homme à la sainteté de Dieu. La prière répond en tant qu’acte de l’homme à la sainteté comme attribut de Dieu. L’homme se sent parfois agacé par la sainteté de Dieu et se révolte. Le péché est en fait la résistance à la sainteté de Dieu. Ce n’est pas le propre de certains rebelles, non cela existe en tout homme. Si cet aspect triomphe alors c’est la mort de la prière.
Quand l’homme prend conscience de son manque de valeur propre, et s’aperçoit qu’il est injuste, mauvais et égoïste, il se rend compte que le péché est la négation de la sainteté. Il le voit et il l’avoue. Plusieurs choses peuvent permettre à l’homme de se dérober à cet aveu. La première est le refus de voir son péché. C’est une illusion où se cache de l’orgueil. Certes il ne faut pas se laisser écraser par le sentiment d’être pécheur, mais il faut que ce soit une occasion pour nous de nous rénover en profondeur.
La deuxième façon consiste à voir son péché et à refuser de se trouver devant Dieu. Ici, on a besoin de l’humilité. Il suffit d’être honnête et d’accepter sa responsabilité.
La troisième façon est le découragement. On a l’impression de toujours retomber dans le même péché, de refaire tout le temps les mêmes erreurs. Or Dieu n’est pas seulement l’auteur du Bien et le gardien de la justice, Il est aussi la puissance insondable du recommencement. Dieu, sainteté parfaite, veut et peut nous pardonner. Le pardon de Dieu est créateur et Il fait que celui qui était pécheur ne l’est plus. Dieu le fait entrer dans sa sainteté, la lui fait partager et Il le place à un nouveau commencement de ses efforts et de sa lutte.
La conscience de ne pas pouvoir vivre sans Dieu. C’est le deuxième aspect qui naît de la sainteté de Dieu. Si la conscience du péché se transforme en révolte ou en découragement, alors nous nous coupons de Dieu. Si elle se vit dans l’humilité et la vérité, elle nous rapproche de Dieu car cela nous permet de dire : Vers qui irions-nous ? L’homme sait que Dieu est tout par excellence : intelligence, salut, vie etc. S’il ne ressent pas spontanément le désir de Dieu parce qu’il est sans courage et sans ardeur, il doit se dire qu’il devrait l’éprouver et y tendre de toute sa foi. La faim et la soif de Dieu sont essentielles à l’homme. Si on ne les éprouve pas, cela ne veut pas dire qu’on n’a pas besoin de Dieu, mais au contraire qu’on est malade et qu’on a besoin de guérir. C’est une forme de prière qui consiste à faire un effort pour aller vers Lui. L’âme humaine est capable de Dieu disait St Augustin. On en trouve son expression dans la prière d’effort , de désir, de participation et d’unification. Pour cela il faut que le mouvement vienne de la liberté de l’homme et du fond de lui-même. Alors la prière devient amour. L’amour est d’avoir à soi un être vivant et personnel. C’est le mystère de l’amour divin : Dieu est celui qui comble l’amour le plus profond, Il est celui qui le suscite. Nous devons lui demander de nous donner le désir de son amour et de le réaliser.

Reculer devant Dieu dans la conscience du péché, tendre vers Lui dans le désir de la communion est contenu dans toute prière qui mérite ce nom. Quand cela se produit l’homme sait qu’il n’est pas saint mais il sait aussi que Dieu est son salut et qu’il doit tendre vers Lui

La prière, partie 2

Le recueillement ouvre à la prière l’espace intérieur. En réalité, il vaudrait mieux dire que cet espace est « dans l’esprit ». Très précisément dans le « Saint Esprit ». Dieu est venu, Il est près de nous. Nous nous tournons vers Lui avec amour et nous tenons devant Lui par la foi. C’est ce qui constitue l’espace sacré..
Dieu par sa venue, crée l’espace vivant que l’homme découvre par le recueillement et dans lequel il se tient quand il est recueilli.
Dans le recueillement, l’homme qui prie dit : « Dieu est ici et moi aussi ». Il faut cependant se rendre bien compte que Dieu est présent de manière différente qu’un objet ou une autre personne. Je suis là simplement devant Lui et par Lui. C’ est une très grande notion  et cela concerne tout particulièrement l’adoration.
Mais qui est Dieu : celui qui a créé ? Son souffle ? Le sens des choses, la réalité ?  Il est Lui. L’alpha et l’omega de toute révélation, c’est le témoignage que Dieu est Lui-même.
Comme devant Moïse quand Il donne son nom et dit : « Je suis celui qui suis ». Il existe de par Lui-même et en Lui-même, il se suffit à Lui-même, Il est maître de Lui-même, libre et responsable de Lui seul. Cette pleine souveraineté sur Lui même est le propre de son essence.
Il est Lui-même , Il est personne, la Personne et l’homme est personne uniquement parce que Dieu l’appelle .
C’est à ce Dieu que s’adresse la prière.


L’homme est à l’image de Dieu. Ce n’est pas la même chose de parler de la face de Dieu et du visage de l’homme. Car si le visage de l’homme exprime ses sentiments, ses désirs etc, le visage de Dieu exprime quelque chose de nettement plus profond, de plus grand.
Le recueillement est le premier pas qui nous introduit dans la prière. Le second pas est la prise de conscience de la réalité de Dieu et la compréhension de la condition de créature. Le troisième pas est la recherche de sa Sainte Face. Dieu est celui qui me connaît et qui s’adresse à moi. Je ne suis rien devant Lui mais il Lui a plu de m’appeler et de m’établir dans une relation avec Lui telle que je sois seul avec Lui. La prière est l’entrée dans ce mystère d’amour. C’est ce qu’on doit comprendre quand on dit que l’homme doit chercher la Face de Dieu. Nous avons rarement conscience que Dieu est présent quand nous sommes entourés de tant de choses. Il faut que j’aille le chercher au delà de tout cela avec la Foi. Il me faut trouver la relation intérieure avec Dieu dans le dialogue avec Lui et la rétablir chaque fois que je l’ai perdue. La prière se transforme souvent en monologue au cours duquel nous débitons des mots. Nous devons donc continuellement faire l’effort de revenir au dialogue.
Dieu seul peut faire apparaître notre vrai visage, celui avec lequel nous avons été réellement créés.
Jusque là, nous avons parlé de discipline intérieure. Maintenant, nous devons aborder le sujet de la discipline extérieure.
Abordons ensemble la discipline du temps, elle est fondée sur les rythmes de la lumière, de l’activité humaine etc. Le jour se renouvelle chaque matin et s'achève avec la nuit qui est une préfiguration de la mort, des fins dernières. Entre ces deux pôles il y a le travail, la lutte, l’action, le destin, la croissance, la fécondité, les dangers. Tout cela s’exprime dans les prières du matin et du soir. La semaine est constituée de six jours de travail et d’un jour de repos. Six jours l’homme doit servir, le septième, il se repose. Le commandement du Seigneur est lié à la loi naturelle du septième jour. Ce septième jour cache le mystère du repos de Dieu. Le repos de l’homme ne prend son sens profond que dans le repos de Dieu. C’est à lui que l’homme doit s’ouvrir. Au mystère du repos de Dieu est lié le mystèe de la résurrection du Christ. Elle apporte au jour du Seigneur le triomphe de la victoire rédemptrice et la conscience de la création nouvelle. Ainsi le dimanche est le jour du Seigneur et par là même le jour de l’homme. Remarquons l’importance du samedi soir pour le dimanche. Aux yeux de l’Eglise, chaque journée commence la veille au soir . Le jour dépend de la manière dont nous avons passé la nuit.
Ce qui est le plus parlant du temps qui passe est l’année avec les saisons. Elle dépend de la course du soleil et de la floraison, les fruits etc soit de l’éveil au déclin de la vie.  Elle trouve son expression religieuse dans l’année liturgique de l’Eglise où les évènements de la vie du Christ sont liés à la marche de la vie solaire et du rythme de la vie. On recommence ainsi continuellement à commémorer la vie du Seigneur, à revivre la rédemption. La vie avec la liturgie, la lecture d’ouvrages appropriés, telle ou telle coutume familiale peuvent faire beaucoup pour colorer diversement la prière personnelle en lui donnant un contenu nouveau. Ici, se trouve l’importance de l’église dans la vie de chacun. Autrefois, c’était une évidence, on allait à la messe, on avait un crucifix chez soi. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. D’où l’importance que chacun développe en lui le sentiment d’être chez lui dans la maison de Dieu. On peut rentrer dans une église de temps en temps au fil de nos occupations quotidiennes pour y chercher le repos et le recueillement, le courage et la force, la consolation. Il est plus difficile d’imposer à la maison un lieu sacré. Une image sainte ne sert pas seulement à rappeler une présence. Elle manifeste son influence dans la maison. Elle met en garde, met de l’ordre, avertit. Le monde appartient à Dieu et à Dieu appartient cette image en miniature qu’est la maison.
Il y a des usages qui sont bons comme la prière de table que l’on récite debout et ensemble. Autrefois, le repas était un acte religieux pour tous les peuples. Il est souhaitable que la maman prie matin et soir avec ses enfants en faisant de ce moment un vrai moment de recueillement. Elle doit faire entrer dans ce moment les évènements de la vie afin que soit portée devant Dieu la réalité de la vie de la famille. La prière ne doit pas se servir tout le temps des mêmes pensées ni des mêmes mots Il faut aussi ne pas écourter la prière, en faire un temps réservé. On ne doit pas oublier non plus que l’attitude et les gestes comptent énormément. Ils expriment ce qui se vit dans le fond de l’âme. La position dans laquelle on prie n’est pas indifférente. On doit prendre une position de respect dû à Dieu. L’attitude aide l’âme dans la voie du respect et du recueillement intérieur. La prière à genoux reste l’attitude essentielle. C’est une attitude de discipline et non de confort qu’on peut bien garder quelques minutes . La position debout est belle. Elle indique la disponibilité : me voici Seigneur.

La position assise est bonne elle aussi à condition que ce ne soit pas une occasion de laisser aller. Elle convient à la méditation ou pour demeurer en silence avec Dieu. Les gestes peuvent être sacrés. Il en est ainsi du signe de croix. Il est l’expression de la foi, de l’adoration. Il est important de se rappeler l’importance des gestes pour bien faire les signes sacrés.

Initiation à la prière

La prière est une nécessité intérieure, une grâce et un accomplissement. Elle est aussi un devoir qui exige de la peine et un effort sur soi-même.
Il est impossible de saisir la vraie figure de Jésus et de comprendre sa vie sans la prière. Il a parlé explicitement de la prière notamment dans le sermon sur la montagne où il distingue la prière authentique du bavardage des païens et de l’étalage des pharisiens. Il y a aussi l’école de la prière que l’Eglise a institué dans sa liturgie qui est une prière unique en parole et en action à travers la simple récitation et le chant.

Comment se préparer à la prière ?

Il y a des prières de l’âme qui jaillissent spontanément. Parfois l’homme sent la proximité de Dieu si vivante qu’involontairement, il se met à lui parler. Mais si on est honnête avec soi-même, on se rend bien vite compte que la prière n’est pas seulement une expression spontanée mais avant tout un service dont il faut s’acquitter dans la fidélité et l’obéissance. Pour prier, il faut vouloir et apprendre.
Il faut s’en acquitter à des heures déterminées : le matin avant d’aller travailler et le soir avant de se livrer au repos. On peut aussi dire l’angélus, faire un moment de silence quand on passe devant une église. Il faut bien sûr corriger son attitude extérieure mais aussi son attitude intérieure. Il faut un certain recueillement et un choix de textes et de paroles appropriés. Par exemple en choisissant des formes de prière qui ont fait leur preuve : la méditation, le rosaire en sont des formes.
En général, ne nous leurrons pas, l’homme n’aime pas prier car il éprouve facilement de l’ennui, de l’embarras et de l’hostilité. Tout lui semble tellement plus attirant et plus urgent. Et on abandonne la prière pour des choses superflues.
L’homme doit cesser de tromper Dieu et de se tromper lui-même. Il vaut mieux dire carrément : je ne veux pas prier plutôt que de recourir à des ruses.
Cependant, on ne peut pas être chrétien sans prier comme on ne peut pas vivre sans respirer. Du simple point de vue de la bonne santé, la prière est indispensable. les médecins eux-mêmes le disent : un homme uniquement tourné vers l’extérieur et qui n’a pas de fondations intérieures cache une angoisse qui le guette. Le contrepoids ne peut pas être uniquement intellectuel. Ni consister uniquement en un week end à la campagne. La prière qui aide n’est pas celle à laquelle on se livre en vue de son efficacité (méditation pseudo religieuses coupées de Dieu). C’est celle qui repose sur un rapport intérieur avec Dieu. L’homme a besoin de la prière pour conserver la santé de son âme. De plus, sa foi ne reste vivante que s’il prie.
On peut se poser la question de savoir pourquoi il faut se préparer à prier ?

L’homme a besoin de Dieu, il le sait et il le cherche. Cependant, il veut souvent ignorer cette relation essentielle et il fuit Dieu ou s’oppose à lui. Cette contradiction se manifeste dans son attitude envers la prière. Aussitôt que l’homme reconnaît et accomplit le service sacré de la prière, il se sent dans le vrai, il est heureux et malgré cela il esquive la prière chaque fois qu’il le peut.  Il faut dire que les sens sont souvent stimulé. la relation à Dieu est plus intime et nécessite plus de volonté. L’espace est envahi très vite par la sensible. Si l’on veut parvenir à une véritable prière, il faut que ce qui, dans l’homme, est du domaine du sacré, puisse trouver de l’espace et se manifester. Pour ce faire, il faut d’abord privilégier une chose : le recueillement. 
Recueillement signifie apaisement. Il faut donc commencer par détacher des choses sa volonté et se dire : maintenant, je n’ai rien d ‘autre à faire qu’à prier. Pendant ces dix minutes –ou tout autre espace de temps fixé par lui- je ne ferai pas autre chose. Tout le reste n’existe pas, je suis tout à fait libre et je ne suis là que pour ça. Il faut se méfier d’une chose : quand on commence à prier, l’agitation intérieure lui présente aussitôt quelque chose d’autre à faire (travail, conversation, course urgente…). Se recueillir c’est vaincre cette agitation et s’établir dans le calme, se libérer de tout ce qui ne concerne pas la prière et se tenir à la disposition du seul qui compte à ce moment là : Dieu.  En deux mots, l’homme doit apprendre à être présent. C’est l’obéissance à Dieu qui l’appelle. Plus l’homme affermit son pouvoir sur les choses, moins il semble capable de trouver de la vraie place pour les choses essentielles. Si on veut prier, on doit rappeler son être du milieu de tous les objets qui nous dispersent et devenir présent. Le recueillement consiste à se ressaisir, à concentrer notre attention sur ce que nous devons faire, à rassembler les pensées qui s’échappent en tout sens.
Se recueillir veut dire aussi s’éveiller. Le calme et l’état de veille vont de pair. L’homme calme est capable de se recueillir en lui-même, de faire silence, de s’approfondir. Il est intérieurement en état de veille. Le recueillement est le seul état intérieur qui soit bon. C’est ce qui rend l’homme capable de s’établir dans les rapports qui conviennent avec les hommes et les choses.
C’est par le recueillement que débute la prière. Or, c’est quand nous essayons de nous calmer que la véritable inquiétude commence. C’est quand nous essayons de nous rendre présents que nous nous apercevons à quel point nous sommes dispersés dans tous les sens. Il faut prendre conscience de cela. Il faut passer par là pour apprendre à prier. Car le recueillement est déjà une prière. Prendre conscience de l’impuissance que l’on a est déjà une forme de prière.


Message de pour les fêtes de Noël et du Nouvel An. Mgr Georges Pontier Président de la Conférence des évêques de France.

Durant la période de Noël et du Nouvel An, nos cœurs, nos familles, nos villes se mettent en fête. Un vent de bonté, de générosité, d’attention aux autres, isolés ou malades, souffle et amplifie nos capacités d’affection. Nous échangeons des vœux. Les jours sont les plus courts, mais la fraternité humaine est à son zénith. Les chrétiens fêtent Dieu qui s’est fait frère et affirment que ce qui sauve l’humanité, c’est de trouver les chemins de la fraternité, de les retrouver autant que nécessaire, de les construire et les reconstruire sans se lasser !
L’élection du Pape François aura marqué cette année 2013. Venu du continent sud-américain, il a grandi dans un environnement différent du nôtre. Il a connu la dictature, la grande pauvreté. Il a entendu et poussé les cris d’appel en faveur d’un monde plus juste et fraternel. Depuis qu’il est élu, il ne cesse d’inviter à une vie plus sobre, à un souci des plus démunis, particulièrement des migrants de la faim, de la misère ou des guerres multiples. Sa journée à Lampedusa, son appel à la prière pour la Syrie, ses visites dans une favela de Rio ont redit avec force cet appel à la fraternité. Comment ne pas entendre que c’est dans cette voie de la fraternité et de la solidarité que se trouve pour l’humanité le chemin le plus sûr ? Or, on peut se demander si notre société ne cherche pas ailleurs la solution aux questions de ce temps et tout particulièrement dans un individualisme multiforme et trompeur, symptômes d’une modernité sans âme.
- Je pense aux personnes en fin de vie qui ont davantage besoin d’entendre la société soutenir auprès d’eux une présence chaleureuse, compétente et sans faille que d’être invités à chercher dans la mort l’issue d’une vie qu’ils ressentent trop dure. Comment se fait-il qu’on en vienne à organiser et légaliser l’acte du suicide qui est un acte de désespoir ? Ne peut-on pas réveiller et soutenir ce qu’il y a de meilleur : la capacité des médecins à soulager la douleur, la présence généreuse et aimante des familles et du personnel médical ? Comment peut-on penser que par de tels messages on construise un monde solidaire et digne ?- Je pense encore à ce projet de modification de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse qui, loin de permettre aux femmes en détresse d’être laissées moins seules devant leur responsabilité face à la vie naissante, sont quasiment incitées à ne se poser aucune question quant à l’élimination de l’être qu’elles portent en leur chair ? - Je pense à ces signaux donnés à de nombreux salariés pour les pousser à admettre qu’ils sont un poids pour la rentabilité de leur entreprise et qu’il faut bien qu’ils le comprennent, même si on le leur demande après des décennies de travail qui ont contribué à la marche de ces mêmes entreprises ?
Ne pas faire place à l’enfant à naître, ne pas accompagner la vie jusqu’au bout, ne pas offrir un avenir professionnel à des milliers de jeunes et adultes, ne pas regarder la vie à partir des plus fragiles, tout cela est un déni de fraternité et d’humanité. Une année nouvelle s’ouvre. Elle apportera son lot de bonheurs et de difficultés. Chacun souhaite un monde meilleur. Ce meilleur repose sur une répartition plus équitable des biens matériels. Il repose encore sur des comportements et des choix plus fraternels et généreux. Heureusement, nombreux sont ceux qui s’engagent dans ce sens. Des chrétiens ne sont pas les derniers. Qu’ils se souviennent d’éclairer leur engagement nécessaire et louable à la lumière qui rayonne de la vie du Christ. Trouver la manière chrétienne de vivre un engagement politique, social et associatif est sûrement une tâche qui se présente à nous dans un contexte nouveau.
Dans le message que le Pape François publie pour ce premier janvier 2014, il rappelle la parole de son prédécesseur Benoît XVI : « La mondialisation nous rend proches, elle ne nous rend pas frères. » Il invite à s’engager pour une culture de la solidarité et de la fraternité. Tel est peut-être le projet profondément humain, l’ambition planétaire dont le monde a besoin.


+ Mgr. Georges PONTIER Archevêque de Marseille. Président de la Conférence des évêques de France

Homélie sur la prière du Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine curé de la paroisse St Vincent de Paul à Marseille


Prière de l'ange à Fatima

Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je Vous aime.
Je Vous demande pardon
Pour tous ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas
Qui n'espèrent pas et qui ne Vous aiment pas.

Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint Esprit
Je Vous adore profondément et je Vous offre les Très Précieux
Corps, Sang, Âme et Divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ
Présent dans tous les tabernacles de la terre
En réparation des outrages, sacrilèges et indifférences
Par lesquels Il est Lui-même offensé.

Par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur
Et du Cœur Immaculé de Marie
 Je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.

Les apparitions de Notre Dame de Fatima



L'ange du Portugal
Au cours de l'année 1915, Lucie et deux de ses amies, 3 petits bergers, voient « une figure semblable à une statue de neige, que les rayons du soleil rendaient un peu transparente », « ayant forme humaine ». De retour au village, racontant leur aventure, leur entourage se moque d'elles.
Au printemps 1916, Lucie, François et Jacinthe revoient le même personnage qui leur dit: « Ne craignez rien ! Je suis l'Ange de la Paix. Priez avec moi ! ». S'agenouillant, l'ange baissa la tête et leur enseigna une prière: « Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je vous aime. Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas, qui ne vous aiment pas ». Il fit trois fois cette prière, puis, levant la tête il dit : « Priez ainsi. Les cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications. »
L'ange leur apparaît une nouvelle fois l'été suivant et se présente comme « l'Ange du Portugal » puis une dernière fois au début de l'automne. L'ange donna la communion aux enfants après avoir récité une prière.

 Première apparition : 13 mai 1917

Le 13 mai 1917, vers midi, « une dame toute vêtue de blanc » apparaît aux trois petits bergers dans un petit chêne vert et, s'adressant à Lucie, leur demande de venir le mois suivant, à cette même heure. Elle ajoute ensuite : « Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix dans le monde et la fin de la guerre ».

Jacinthe, oubliant sa promesse de discrétion, en parle à ses parents. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre dans le village mais la réaction est plutôt méfiante.

 

Deuxième apparition : 13 juin 1917

Le mois suivant, les enfants, accompagnés de quelques dizaines de personnes venues « pour voir », sont au rendez-vous. Le groupe récite le chapelet lorsque l'apparition se présente à nouveau, et, dans sa conversation avec Lucie, insiste sur l'importance de la prière, recommande la dévotion au « cœur immaculée de Marie » et annonce la mort prochaine de ses cousins à Lucie : « J'emmènerai bientôt Francisco et Jacinta au ciel, mais toi tu resteras encore ici quelque temps, Jésus veut se servir de toi pour me faire connaître et aimer. » Elle demande aussi à la jeune Lucie d'apprendre à lire et à écrire afin de mieux rapporter sa parole auprès des hommes.

Seuls les trois enfants voient l'apparition : les témoins ne voient ni lumière, ni la Vierge, ni ne l'entendent. Mais ils témoignent avoir vu le petit arbre, sur lequel se tenait l'apparition, ployé comme s'il portait un poids, brutalement allégé lors du départ de la Vierge. Ils témoignent aussi avoir entendu un son et vu un sillage lors du départ de l'apparition.

 




Troisième apparition : 13 juillet 1917

Le vendredi 13 juillet, la « dame en blanc » apparaît devant Lucia et ses cousins comme les autres fois, environ 4 000 personnes assistent à l'événement, bien que ne voyant rien eux-mêmes : Lucie, Jacinte et François sont toujours les seuls à percevoir la « dame en blanc », les fidèles ne constatent que des faits inhabituels, tels des éclairs, un halo de lumière ou un vent soudain.

Elle s'adresse, comme à chaque apparition à Lucie : « Je veux que vous continuiez à dire le chapelet tous les jours en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la fin de la guerre et la paix du monde. » C'est au cours de cette manifestation que l'apparition a confié un secret aux enfants. Cette partie du message de Fátima ne sera dévoilée qu'en 1942, pour les deux premières parties, et c'est en 2000 que le Vatican divulguera la troisième partie du secret.

 

Quatrième apparition : 19 août 1917

Le 10 août, l'administrateur du canton, Arthur d'Oliveira Santos, connu pour son anticléricalisme, demande à voir les « voyants » et les interroge sans succès. Le 13 août, il fait enfermer Lucie et ses deux cousins pour trouble à l'ordre public. Il souhaite connaître les secrets que la Vierge Marie a révélés aux enfants et va jusqu'à les menacer de mort pour les faire parler, mais en vain, ils gardent leur secret. C'est à regret que l'administrateur les relâche le 15 août.

Quelque 18 000 personnes sont au rendez-vous du 13, en l'absence des enfants, et assistent à quelques phénomènes déjà vus lors des précédentes apparitions. Mais les enfants ne sont pas là.

Le dimanche 19 août, alors que les enfants font paître leurs troupeaux sur la Cova da Iria, la Vierge leur apparaît, leur demande de prier pour les âmes pécheresses et leur promet un miracle « afin que tous croient ».

 

Cinquième apparition : 13 septembre 1917

Pour la cinquième apparition, le 13 septembre, environ 30 000 fidèles se prosternent devant les messagers de la Vierge Marie, Lucie, Jacinte et Francois, implorant leur secours pour obtenir la guérison des malades. C'est à ce moment-là que l'apparition annonce pour le mois suivant, la « venue du Seigneur, de Notre-Dame du Carmel et de saint Joseph avec l'Enfant-Jésus ».

 

Sixième apparition, le « miracle du soleil » : 13 octobre 1917

Le 13 octobre 1917, il pleut à torrent sur la Cova da Iria, et une foule d'environ 50 000 personnes récite le chapelet. À midi, heure solaire, l'apparition se présente alors à Lucie comme étant Notre-Dame du Rosaire et lui demande de faire bâtir une chapelle en son honneur. Elle annonce la fin proche de la guerre. Elle demande aussi la conversion des pécheurs.

Alors que Notre-Dame du Rosaire s'élève vers le ciel, la pluie s'arrête et le soleil revient dans un ciel bleu. Les témoins peuvent regarder le soleil directement, ils le voient se mettre à tourner sur lui-même, lançant des faisceaux de lumière de différentes couleurs. Le soleil paraît même s'approcher de la terre, inquiétant la foule. Puis après dix minutes, tout redevient normal.

Le soleil « lançait des faisceaux de lumière, d'un côté et de l'autre, et peignait tout de différentes couleurs : les arbres, les gens, le sol, l'air ». Le soleil tournoya ensuite, « à un certain moment, le soleil s'arrêta, et puis recommença à danser, à tournoyer; il s'arrêta encore une fois, et se remit encore une fois à danser, jusqu'au moment, enfin, où il parut se détacher du ciel, et s'avancer sur nous. Ce fut un instant terrible ! » Il y eut des témoins jusqu'à cinq kilomètres à la ronde, et pourtant l'observatoire astronomique n'a rien relevé de particulier à ce moment-là

Pendant ces phénomènes cosmiques, les enfants voient quant à eux les trois apparitions promises : la Sainte Famille, puis Notre-Dame des Sept-Douleurs accompagnée du Christ et enfin Notre Dame du Mont-Carmel.



Le récit complet des apparitions et les 3 secrets disponibles sur http://jesusmarie.free.fr/apparitions_fatima.html

Fatima: le témoignage d’Avelino de Almeida


Avelinos de Almeida, journaliste anticlérical et rédacteur en chef du quotidien de Lisbonne 0 Seculo, présent ce jour-là, en fait le compte rendu suivant : « On voit l'immense multitude se tourner vers le soleil, qui apparaît au zénith, dégagé de nuages. Il ressemble à une plaque d'argent mat, et il est possible de le fixer sans le moindre effort. Il ne brûle pas les yeux. Il n'aveugle pas. On dirait qu'il se produit une éclipse. Mais voici que s'élève une clameur immense, et ceux qui sont plus près de la foule l'entendent crier : "Miracle ! Miracle !....Merveille ! Merveille !" »

« … Et l’on assiste alors à un spectacle unique et incroyable pour tous ceux qui n’en furent pas témoins… Le soleil rappelle une plaque d’argent mat… Il n’aveugle pas ! On dirait qu’il se produit une éclipse. Mais voici que s’élève une clameur formidable : “Miracle, miracle !” Sous les yeux éblouis de cette foule, dont l’attitude nous transporte aux temps bibliques et qui, pâle d’épouvante et tête nue, regarde l’azur firmament, le soleil trembla ! Le soleil eut des mouvements brusques, jamais vus et en dehors de toutes les lois cosmiques ! Le soleil « se mit à danser », selon l’expression typique des paysans! Il ne reste maintenant qu’une chose : c’est que les savants nous expliquent, du haut de leur compétence, la macabre danse solaire, qui, aujourd’hui à Fátima, a fait jaillir des hosannas de la poitrine des fidèles ; et qui, comme me l’affirment les gens dignes de foi, a laissé très impressionnés les « libres-penseurs » eux-mêmes, ainsi que d’autres personnes sans aucune préoccupation religieuse, qui étaient accourues sur cette lande désormais célèbre » (Avelino d’Almeida, rédacteur en chef duSeculo, avait publié le matin même dans ce journal l’article ironique dont on a parlé. À midi, il fut témoin du « prodige solaire » à la Cova da Iria, et le soir, sous l’impression encore des événements, il composa le nouvel article dont nous citons ici quelques extraits. Cet article, publié dans le Seculo du lundi 15 octobre, fit sensation dans tout le pays, et attira à son auteur les vifs reproches des anticléricaux, qui ne lui pardonnaient pas d’avoir donné une telle publicité aux faits de Fátima, et de les avoir appuyés de son autorité).

Le combat spirituel: introduction

Au moment de l’appel, on reçoit une grâce. Vous avez reçu cet appel  et vous avez été baptisé(e)s.
Il faut donc lutter maintenant pour conserver la grâce reçue de Dieu. Le combat va être la lutte du mauvais contre la persévérance.
Pourquoi parle t-on de combat ?
Parce qu’on est capable d’identifier qu’il y a combat. Pour qu’il y ait combat, il faut deux adversaires qui s’opposent et il y aura un gagnant et un perdant. Si on ne voit pas qu’il y a combat, on ne voit pas qu’il y a ennemi. Même si on ne veut pas reconnaître l’existence de l’ennemi, il existe quand même.
Il va nous falloir repérer les moments où on entre dans le combat.

Rappel : le démon va toujours aller très vite car il est limité dans le temps. Tout ce qui vient de Dieu prend du temps. Les décisions prises sous l’influence du démon sont toujours prises très rapidement car il est très pressé.

Comment faire ?
Tout d’abord, il va falloir apprendre à reconnaître la présence de Dieu dans nos vies. Plus nous ressemblons à Dieu, plus le démon est actif. Il faut toujours se rappeler que Dieu est de notre côté. Cela se fait en faisant une relecture de notre histoire à la lumière de Dieu. Notre histoire sainte va nous donner des repères. On a rencontré Dieu, on a fait l’expérience de cette paix profonde et on doit décider de ne jamais revenir dessus. Le démon va attaquer ces piliers, ces repères que nous devons défendre. Il nous faut prendre la décision de ne rien changer à cela. L’engagement est total, c’est une décision prise pour toujours et que l’on renouvelle. On ne doit pas revenir en arrière. C’est définitif.

Il faut savoir que le démon est très subtil. Il va, par exemple, nous créer des difficultés dans la prière. Il va créer de l’obscurité autour de nous. On a l’impression d ‘être distrait, que tout cela ne sert à rien, que peut être on prierait mieux ailleurs. Il faut savoir aussi qu’on est tenté dans ses charismes.

Le Seigneur attend qu’on l’appelle pour diriger le combat.
Il faut de la persévérance, il est nécessaire d’en faire le vœu . Cela va avec la fidélité. Il faut tenir jour après jour. Il nous faut donc demander au Seigneur de tenir pour aujourd’hui et ainsi de suite chaque jour.
Pour éviter que le combat ne tourne mal, il faut éviter la tiédeur. Elle mène au grand froid. Il ne faut rien cacher aux supérieurs, ni au père spirituel.

Qu’y a t-il parmi les grandes tentations ?
La famille qui s’oppose à la vocation. La santé. Les incommodités dues à la vie commune. Le découragement. Le démon va s’acharner à nous montrer ce que l’on n’a pas .

Mais que nous dit Jésus ?
De prendre tout ce que l’on a et qu’on aura le centuple avec le combat spirituel car on a les mêmes chances que les autres.  Et ça donne une joie profonde à l’intérieur. Jésus promet et Il donne. Il faut se rappeler que quand Jésus est venu, Il est resté jusqu’au bout. Et nous devons faire de même.

Le combat spirituel: la pensée

Il y a trois origines à la pensée : Dieu, notre esprit, et les esprits mauvais.

Quelles sont les luttes ?
L’esprit de la chair est une lutte contre l’Esprit. On y perd la vie de notre âme.
L’esprit du monde développe l’orgueil et nous empêche de rechercher le ciel.
L’esprit du mal donne l’amertume, la colère, la violence, la méchanceté. Cela nous fait perdre la charité.
Si on consent aux mauvaises pensées, on en arrive à enfanter nous-mêmes ces pensées.
La peur est l’arme favorite du démon.
Il faut toujours implorer la miséricorde de Dieu. Si c’est notre esprit , il faut confesser avoir plu aux exigences du démon.
La faiblesse d’une âme et l’habitude de céder aux sollicitations du démon en font les esclaves du diable. Grâce au repentir, à la confession, à la pénitence, on peut retrouver le salut.
C’est le consentement qui incline l’âme à la récompense ou à la punition.
On résiste à l’esprit de la chair  par la chasteté et la dévotion, à l’esprit du monde par la pauvreté et l’humilité. La paix, la tranquillité, la charité triomphent de l’esprit de malice. Demandons à Dieu de nous accorder la grâce de nous épargner du consentement du péché.

De l'existence du diable

"Dieu a envoyé son Fils dans le monde pour détruire les œuvres du diable" ( 1Jn 3, 8)
 
L’Eglise affirme l’existence du diable.
Le concile de Trente au XVIème siècle , résumant la doctrine de Saint Paul, déclare que l’homme est sous la puissance du diable et de la mort. Commettre le péché après le baptême, c’est de nouveau se livrer au pouvoir du démon.

Concile Vatican II : Notre histoire est un dur combat contre les puissances des ténèbres, qui, commencé dès les origines, durera comme l’a dit le Seigneur, jusqu’au dernier jour. Dieu décidé d’envoyer son Fils dans notre chair afin d’arracher par lui les hommes à l’empire des ténèbres et de Satan.
Paul VI et Jean Paul II ont réaffirmé l’existence des démons.

Qui est le diable ?
Le diable est un ange déchu. Les anges sont des êtres spirituels, inférieurs à Dieu puisque créés par Dieu, mais supérieurs aux hommes par leur intelligence, et du fait qu’ils sont purs esprits, pas contraints par l’espace et le temps. . Les anges sont des adorateurs de Dieu, les serviteurs, les messagers de Dieu.

L’action du diable

Ne pouvant atteindre le Créateur, le diable s’attaque à ses créatures. Il essaie et essaiera toujours de les attirer, de les fourvoyer, de les détourner, d’établir son empire. La haine qui le ronge, entraîne une lutte terrible.

Nous savons que celui qui sortira vainqueur de cette lutte est le Fils de Dieu qui, à la fin des temps, reviendra dans sa gloire pour juger les vivants et les morts.
Mais en attendant, nous sommes tous engagés dans la lutte.
Si d’aucuns ne reconnaissent pas l’existence de Satan, il est pourtant évident que le mal est présent dans ce monde qui nous entoure. Si on se penche dessus, on se rend compte qu’il y a forcément un chef d’orchestre dont les armes sont toujours les mêmes : la mort et le mensonge.

Comment agit-il ?

Adroitement et avec subtilité. Il est intelligent, libéral, persuasif, simulateur, dissimulateur. Beaucoup de personnes laissent deviner par leur attitude les failles de leur volonté, de leur cœur, de leur intelligence. Il en profite dès que le bon moment se présente.
Il y a un principe qui se retrouve toujours. c’est quand la personne traverse une difficulté qu’elle soit matérielle, spirituelle, sentimentale qu’il va en profiter. Ce n’est pas l’inconscient qui parle mais bien le conscient.

Comment réagir ?

La prière.
Eviter de se mettre dans des situations impossibles.
Maîtriser l’imagination.
L’Eucharistie
Prier la Sainte Vierge
Utiliser les sacramentaux.
Rester attachés au Christ.
Se rappeler que le démon n’est pas à l’origine de tous nos actes mauvais, certains sont fait consciemment par nous. Mais il y a au départ le péché originel…L’homme a sa responsabilité à assumer .

Pourquoi Dieu s’intéresserait t-il vraiment à moi ? (de Catholique.org)

Souvent nous avons l’impression que la vie que nous menons est loin des valeurs enseignées par l’Eglise et loin de Dieu. Comment pouvons nous compter à ses yeux, alors que nous sommes encore si éloignés des chemins qu’Il nous conseille ?
La chose primordiale à comprendre, c’est que Dieu est notre Père. Lorsque l’un des disciples demanda au Christ comment prier, c’est par ces mots : « Notre Père » qu’il commença. (Mat 6, 9).
Dieu est « Le Père » absolument parfait. Nous faisons bien plus que seulement compter à ses yeux, nous sommes aimés, d’un Amour inconditionnel. Que nous le méritions ou pas, Dieu ne nous retire pas cet Amour.
On pourrait imaginer que Dieu aime davantage ceux qui le suivent que ceux qui ne le suivent pas ; ou bien qu’il préfère les saints à ceux qui débutent dans la foi. Mais, ce n’est pas le cas. Quel père de famille préfèrerait le fils qui devient médecin à celui qui aurait un simple CAP ? Quel père de famille aimerait ses enfants plus ou moins en fonction de leurs résultats (scolaires ou professionnels), de leurs qualités ou de ce qu’ils peuvent lui apporter ? S’il se peut que certains pères agissent ainsi, ce n’est pas le cas de Dieu.
L’Amour que Dieu nous porte se situe même dans un registre encore plus élevé. En effet, à l’image du père qui aime chacun de ses enfants d’une manière particulière parce que chacun est différent, Dieu aime chaque femme et chaque homme d’une manière particulière. Il n’aime pas Guillaume comme Patrice, ni Patrice comme Hélène et ainsi de suite.
Dieu rappelle à travers l’histoire qu’Il peut s’intéresser à un homme en particulier. Lorsqu’il dit à Isaïe « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime » il veut dire que chaque homme, pris personnellement, a du prix à ses yeux et qu’Il l’aime.
Ainsi, qui que l’on soit, quoi que l’on fasse, Dieu nous dit ces quelques mots simples mais qui changent tout dans la vie des croyants : « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime. »

Glorious - Nous élevons nos mains vers toi - Génération louange


Prière d'un soldat russe

En 1972, un texte fut publié dans une revue clandestine. Il s'agit d'une prière retrouvée dans la poche de la veste d'un soldat, Aleksander Zacepa, composée quelques instants avant la bataille au cours de laquelle il perdit la vie, pendant la seconde guerre mondiale. En voici le texte :

" Ecoute, O Dieu ! Je n'ai pas parlé avec toi une seule fois dans ma vie mais aujourd'hui j'ai envie de te faire fête. Tu sais, depuis que je suis tout petit, on m'a toujours dit que tu n'existais pas... et moi, comme un imbécile, j'y ai cru.

Je n'ai jamais contemplé tes oeuvres, mais cette nuit, du cratère fait par une grenade, j'ai observé le ciel étoilé, au-dessus de moi. Fasciné par leur scintillement, j'ai soudain compris combien c'est terrible d'avoir été trompé... Je ne sais pas, O Dieu, si tu me donneras la main, mais je te le dis, et tu me comprends...

N'est-ce pas étrange qu'au coeur d'un enfer épouvantable la lumière me soit apparue et que je t'aie découvert ? A part cela, je n'ai rien à te dire. Je suis heureux tout simplement parce que j'ai fait ta connaissance. A minuit nous devons attaquer, mais je n'ai pas peur. Toi, regarde-nous.

C'est le signal ! Je dois partir. J'étais bien avec toi. Je voudrais encore te dire, et tu le sais, que la bataille sera dure : il est possible que cette nuit même je vienne frapper à ta porte. Et même si jusqu'à présent je n'ai pas été ton ami, quand je viendrai, tu me laisseras entrer ?

Mais que se passe-t-il ? Je pleure ?

Mon Dieu, tu vois ce qui m'est arrivé, je ne commence que maintenant à voir clair... A bientôt, mon Dieu, je pars... j'aurai du mal à revenir. Comme c'est étrange, maintenant la mort ne me fait pas peur."
(Edito in di V. Cattana, Le più belle preghiere del mondo, Mondadori 2006, p. 188).

Les Béatitudes. Evangile de Jésus Christ selon St Matthieu 5.1-12


1Voyant les foules, il monta sur la montagne, et lorsqu'il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui.
2Alors, prenant la parole, il se mit à les enseigner, en disant:
3" Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux!
4Heureux ceux qui sont affligés, car ils seront consolés!
5Heureux ceux qui sont doux, car ils posséderont la terre!
6Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés!
7Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde!
8Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu!
9Heureux les pacifiques, car ils seront appelés enfants de Dieu!
10Heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux!
11Heureux serez-vous, lorsqu'on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
12Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense est grande dans les cieux; car c'est ainsi qu'ils ont persécuté les prophètes qui ont été avant vous.

La vie exceptionnelle du bienheureux Charles de Foucauld



Charles est né en France, à Strasbourg, le 15 septembre 1858 et il a été baptisé deux jours après sa naissance.
Mais, maman, papa et grand-maman Foucauld meurent en 1864. Le grand-père prend chez lui les deux enfants : Charles (6 ans) et Marie (3 ans).
Peu à peu, Charles s'éloigne de la foi. Il continue à respecter la religion catholique, mais il ne croit plus en Dieu.
« Je demeurai douze ans sans rien nier et sans rien croire, désespérant de la vérité, et ne croyant même pas en Dieu, aucune preuve ne me paraissant assez évidente. »
« A 17 ans j'étais tout égoïsme, tout vanité, tout impiété, tout désir du mal, j'étais comme affolé… »
« J'étais dans la nuit. Je ne voyais plus Dieu ni les hommes : Il n’y avait plus que moi. »
Après deux ans d'études à l'École Militaire, Charles est officier. Son grand-père vient de mourir et Charles reçoit tout l'héritage. Il a 20 ans.
Pendant plusieurs années, Charles va chercher son plaisir dans la nourriture et dans les fêtes. On l'appelle alors le  « Gros Foucauld ».

Mais en octobre 1880, Charles est affecté en Algérie. L'Algérie lui plaît et ses habitants l'intéressent.
Mais pour une affaire de femme, Charles refuse les conseils de ses Supérieurs. On lui enlève son emploi.
A peine arrivé en France, il apprend que son régiment est envoyé en Tunisie.
Le 15 janvier 1882, Charles est de nouveau dans une caserne en Tunisie.
« Je déteste la vie de garnison… j'aime bien mieux profiter de ma jeunesse en voyageant ; de cette façon au moins je m'instruirai et je ne perdrai pas mon temps. »
Et le 28 janvier 1882, il envoie sa démission de l'armée.

Charles décide alors de s'installer à Alger pour préparer ses voyages.
Le Maroc est tout proche, mais il est interdit aux Européens. Charles est attiré par ce pays très peu connu. Apres une longue préparation de 15 mois, Charles part au Maroc avec le Juif Mardochée qui sera son guide.
« En 1883, sur les terres du sultan, l'Européen peut circuler au grand jour et sans danger ; dans le reste du Maroc, il ne peut pénétrer que travesti et au péril de sa vie : il y est regardé comme un espion et serait massacré s'il était reconnu. Presque tout mon voyage se fit en pays indépendant. Je me déguisai dès Tanger, afin d'éviter ailleurs des reconnaissances embarrassantes. Je me donnai pour Israélite. Durant mon voyage, mon costume fut celui des Juifs marocains, ma religion la leur, mon nom le rabbin Joseph. Je priais et je chantais à la synagogue, les parents me suppliaient de bénir leurs enfants… »
« Tout mon itinéraire a été relevé à la boussole et au baromètre. »
Pendant 11 mois, Charles a souvent reçu des injures et des cailloux. Plusieurs fois il a même risqué d'être tué.
Le 23 mai 1884, un pauvre mendiant arrive au poste frontière de l'Algérie. Il est pieds nus, maigre et couvert de saleté. Ce pauvre Juif s'appelle Charles de Foucauld.
Le monde scientifique de l'époque est enthousiasmé par le travail de Charles : une véritable exploration ! Il a parcouru 3000 km dans un pays presque inconnu. C'est la gloire !
Mais Charles ne s'intéresse pas à cette gloire. Il quitte l'Algérie et s'installe près de sa famille à Paris. Il a 28 ans.
« Après six mois de vie de famille, pendant que j'étais à Paris, faisant imprimer mon voyage au Maroc, je me suis trouvé avec des personnes très intelligentes, très vertueuses et très chrétiennes; en même temps, une grâce intérieure extrêmement forte me poussait : je me mis à aller à l'église, sans croire, ne me trouvant bien que là et y passant de longues heures à répéter cette étrange prière: "Mon Dieu, si Vous existez, faites que je Vous connaisse !" »
« Vous m'avez alors inspiré cette pensée : "Puisque cette âme est si intelligente, la religion qu'elle croit ne saurait être une folie.
« Je me suis alors adressé à l'Abbé Huvelin. Je demandais des leçons de religion : il me fit mettre à genoux et me fit me confesser, et m'envoya communier séance tenante... »
« Mon Seigneur Jésus, vous avez mis en moi ce tendre et croissant amour pour vous, ce goût de la prière, cette foi en votre Parole, ce sentiment profond du devoir de l'aumône, ce désir de vous imiter, cette soif de vous faire le plus grand sacrifice qu'il me fut possible de vous faire. »
Charles est très attaché à sa famille et à ses amis, mais il se sent appelé à tout laisser pour suivre Jésus. Et le 15 janvier 1890, il entre à la Trappe.

Charles est heureux à la Trappe. Il apprend beaucoup. II reçoit beaucoup. Mais il lui manque encore quelque chose.
« J'aime Notre-Seigneur Jésus-Christ, et je ne puis supporter de mener une vie autre que la Sienne… Je ne veux pas traverser la vie en 1ère classe pendant que Celui que j'aime l'a traversée dans la dernière... »
Le 23 janvier 1897, le Supérieur Général des Trappistes annonce à Charles qu'il peut sortir de la Trappe pour suivre Jésus, le pauvre artisan de Nazareth.

Charles part en Israël. Il arrive à Nazareth ou les Sœurs Clarisses le prennent comme domestique.
« J'ai été passer un an dans un couvent, à étudier, et j'y ai reçu les Sts Ordres. Prêtre depuis le mois de juin dernier, je me suis senti appelé aussitôt à aller aux "brebis perdues", aux âmes les plus abandonnées, les plus délaissées, afin d'accomplir envers elles ce devoir de l'amour : "Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés, c'est à cela qu'on reconnaîtra que vous êtes mes disciples". Sachant par expérience que nul peuple n'était plus abandonné que les musulmans du Maroc, du Sahara algérien j'ai demandé et obtenu la permission de venir à Béni Abbès, petite oasis du Sahara algérien sur les confins du Maroc. »
« Les indigènes m'ont parfaitement accueilli; j'entre en relations avec eux, tâchant de leur faire un peu de bien. »
« Je veux habituer tous les habitants, à me regarder comme leur frère, le frère universel… Ils commencent à appeler la maison "la fraternité", et cela m'est doux… »
En juin 1903, l'évêque du Sahara passe quelques jours à Béni Abbès. Il vient du Sud ou il a visité les Touaregs. Charles se sent attiré par ces gens qui vivent au cœur du désert.
Il n'y a pas de pretres disponibles pour aller là-bas, aussi Charles se propose.

Le 13 janvier 1904, Charles part chez les Touaregs.
« Mes travaux de langue marchent bien. Le Dictionnaire abrégé est fini et son impression commence dans quelques jours. Le Dictionnaire des noms propres sera fini en 1914 avec le Dictionnaire Touareg-Français, plus complet. Je pense finir en 1916 le recueil des Poésies et des Proverbes, et en 1917 les Textes en prose. La grammaire sera pour 1918 si Dieu me prête
vie et santé. »
Depuis deux ans, la guerre déchire l'Europe. Elle commence aussi à venir au Sahara.
« A 450 km d'ici, le fort français de Djanet a été investi par plus de mille Senoussistes armés d'un canon et de mitrailleuses. Après ce succès, les Senoussistes ont la route libre pour venir ici ; rien ne peut les en empêcher que le bon Dieu. »
Mais Dieu ne l'a pas empêché et Charles est violemment tué le 1er décembre 1916.

« Quand le grain de blé qui tombe à terre ne meurt pas, il reste seul ; s'il meurt, il porte beaucoup de fruits. »


Cette biographie est un résumé issu d'une biographie bien plus complète que vous trouverez sur www.charlesdefoucauld.org

Le poème de l'Avent


Je suis l'Immaculée Conception, mystère musical composé, interprété par P. et R. Martineau, V.Maraskin.